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vendredi 25 janvier 2019

[Chronique] Evergrey - The Atlantic

Pour un groupe qui était tombé au fond du trou il y a une petite dizaine d'années avec les médiocres Torn et Glorious collision, Evergrey affiche aujourd'hui une bonne forme et semble profiter de vents favorables depuis Hymns for the Broken il y a cinq ans, un album qui marquait le début de l'opération reconquête pour les suédois, un redressement qui allait prendre du temps, comme le démontrait un The Storm Within inconstant et imparfait où le groupe de Tom Englund assumait tous ses défauts avec une désarmante sincérité.
Après deux bons disques qui remontaient le niveau, on ne voyait pas ce qui pouvait empêcher Evergrey de nous sortir une fois de plus un disque meilleur que le précédent, j'étais très confiant là-dessus, jusqu'à ce que j'écoute The Atlantic dans son intégralité, et autant le dire tout de suite, c'est de peu que le Tom Englund et son équipage évitent le naufrage, analyse de la boîte noire...

mercredi 21 novembre 2018

[Chronique] Azusa - Heavy Yoke

J'espère que vous aviez apprécié l'album come-back d'Extol sorti il y a déjà cinq ans, parce que comme c'est parti on est pas sûr d'en avoir un autre, le groupe est reparti en hibernation et ne donne plus aucun signe de vie.
La raison pour laquelle je vous parle d'Extol en intro de cette chronique d'Azusa est que justement on trouve dans ce nouveau projet la batteur David Husvik et l'ancien guitariste de la formation norvégienne Christer Espevoll, deux membres originaux d'Extol qui ont récupéré dans l'aventure l'ancien bassiste de The Dillinger Escape Plan Liam Wilson et, plus surprenant, la chanteuse Eleni Zafiriadou qui nous vient du groupe de pop Sea + Air, ce premier album Heavy Yoke est finalement conforme à ce qu'on pouvait en attendre, ouais, Azusa c'est tout simplement Extol avec une chanteuse...

dimanche 7 octobre 2018

[Chronique] Horrendous - Idol

L'air de rien, en même pas quatre ans et en trois albums sortis entre 2012 et 2015, le jeune groupe américain s'est hissé dans les hautes sphères du Death Metal, en partant d'un Death vindicatif façon revival Old School qui malgré tout apportait un regard neuf sur le genre, Horrendous s'est fait de plus en plus explorateur et apte a faire bouger les lignes, après le juvénile The Chills, Ecdysis puis Anareta n'ont fait que rapprocher le groupe de l'excellence progressiste qui avait habité les productions de grands anciens comme Atheist ou Cynic.
Aujourd'hui le groupe est dans une situation étrange, il a passé le fameux cap du troisième album avec brio et une classe folle, et l'attente est désormais énorme, il ne bénéficie plus de l'effet de surprise non plus, il se doit de répondre à une question, on va où quand on est déjà au sommet?

jeudi 27 septembre 2018

[Chronique] Voivod - The Wake

Sorti il y a déjà cinq ans, Target Earth marquait ce que l'on pouvait considérer comme un vrai retour pour Voivod, non pas que le groupe avait vraiment disparu, mais il faut bien avouer que depuis le milieu des années 90, entre les problèmes de line-up, le décès de son guitariste Piggy en 2005, et des albums pas vraiment bons, surtout dans les années 2000, la trajectoire de Voivod s'était écrite en pointillés au point qu'on imaginait pas forcément que les canadiens parviennent à se reprendre et à remettre la machine en route, c'est pourtant ce qui s'était passé avec Target Earth, album remarquable qui était parvenu à complètement relancer le groupe et à le replacer sur l’échiquier des légendes du Metal encore en activité, parce que ouais, Voivod est un groupe légendaire, peut-être pas le plus accessible ni le plus bankable, mais probablement l'un des plus novateurs et influents des années 80, toujours prompt à se remettre en question et à continuer son évolution plutôt que de vainement se répéter...

jeudi 30 août 2018

[Découverte] Panegyrist - Hierurgy

Ce mois-ci on s'emmerde salement avec tout un tas d'albums pas intéressants qui sortent et dont je n'ai pas du tout envie de parler, c'est pour ça qu'aujourd'hui on va causer d'un album sorti en mai dernier, je l'avais mis de côté en cas de période de vaches maigres comme c'est le cas en ce moment, et croyez moi, ce sera plus intéressant qu'une chronique crapoteuse sur le quarante-troisième album de Primal Fear.
Bref, Panegyrist donc, est un jeune groupe de Black Metal avant-gardiste qui a ajouté à la bizarrerie inhérente au genre qu'il pratique un bon gros concept obtus et difficilement compréhensible à base de théosis et de spiritualisme transcendantal avec un soupçon de perennis philosophia, ou un truc comme ça, et vice-versa voir tout le contraire, parce que bon, je ne vais pas vous la faire à l'envers, j'ai absolument rien compris au truc, on va résumer ça à un album qui traite de la relation entre l'homme et dieu et ça ira très bien, si vous voulez vous triturer le cerveau y'a les paroles sur Bandcamp.

vendredi 13 juillet 2018

[Découverte] Mire - Shed

Quant t'arrives à la fin d'un album et que tu as comme réaction "Quoi!? c'est tout?" et que t'es un peu dégoûté qu'il n'y en ait pas plus, c'est que tu viens de tomber sur quelque chose de cool, c'est la cas de Mire avec sa toute première sortie Shed, un groupe dont c'est la toute première sortie et dont on ne sait pas grand chose à part qu'il vient de Denver et qu'il est composé du chanteur Benton McKibben et du guitariste Ryan Glisan, ce dernier étant un peu plus connu puisqu'il officiait sur les deux premiers albums d'Allegaeon, c'est tout ce qu'on sait, ça, et le fait que Shed est une très bonne galette.

mercredi 30 mai 2018

[Chronique] Alkaloid - Liquid Anatomy

Linus Klausenitzer, actuel bassiste d'Obscura, Hannes Grossmann et Christian Münzner, respectivement batteur et guitariste anciennement chez Obscura (faisant partie de ce que l'on pourrait appeler le line-up "classique" d'Obscura), le guitariste Danny Tunker ex-Aborted mais également guitar tech chez Obscura, ça fait beaucoup d'Obscura dans un groupe tout ça, ajoutons à ça le chanteur/guitariste Morean de Dark Fortress et de Noneuclid, et vous avez devant vous un véritable all-star band du Tech-Death dont on aurait pu penser qu'il se contente de faire du Obscura-like, sauf que non, Alkaloid a prouvé avec son premier album The Malkuth Grimoire sorti il y a pile trois ans qu'il était un tout autre animal, œuvrant dans le Tech-Death, certes, mais davantage décidé à explorer la dimension progressive de son art plutôt que de se contenter des recettes faciles du genre, ce premier album était délicieusement plein de défauts, des failles presque normales pour un projet aussi aventureux et non-conventionnel dans son approche, quand on tente beaucoup, qu'on expérimente, tout ne peut pas être parfait, ce qui nous amène à Liquid Anatomy, un second album où Alkaloid, presque naturellement, ne va pas se restreindre aux codes qu'il a défini il y a trois ans, il va s'en servir de base pour faire... autre chose.

lundi 21 mai 2018

[Chronique] Amorphis - Queen of Time

Sorti il y a déjà trois ans, Under the Red Cloud avait créé une sacré surprise en proposant une certaine revitalisation de la formule Amorphis, une formule, celle développée à partir d'Eclipse et l'arrivée de Tomi Joutsen au chant, qui avait tendance à devenir particulièrement stéréotypée et prévisible, il est vrai que les finlandais étaient tombés dans une certaine facilité en s'embourbant un peu dans le sirupeux et l'accessible, Under the Red Cloud commençait a casser cet espèce de formatage dans la musique d'Amorphis, conservant le caractère catchy du Amorphis moderne et raccrochant les wagons avec la première période du groupe pour un résultat parfois bluffant même si ce changement se faisait dans le cadre de certaines limites, ces limites, on pourrait presque dire qu'elles viennent de disparaître avec Queen of Time, sorte d'album-somme qui est un concentré de tout ce qu'il y a de meilleur chez Amorphis, ouais, c'est bon à ce point-là...

mercredi 21 mars 2018

[Chronique] Oceans of Slumber - The Banished Heart

Il y a deux j'avais été plutôt dur avec Winter, un second album d'Oceans of Slumber qui était marqué par un changement de style drastique après un premier album quelque peu rustique, l'arrivée d'une chanteuse, et l'ouverture à des influences bien plus diverses, malheureusement tout ça n'avait pas trop tenu la route et en dehors de deux-trois morceaux où le groupe parvenait à faire tenir ensemble tout un tas de genres différents dans des structures cohérentes, Winter était plombé par un manque de cohésion certain, un agencement des morceaux foireux, et une propension à l'ennui, à de trop rares moments Oceans of Slumber parvenait à faire converger son Doom/Death progressif et ses aspirations Rock atmosphérique, et quand c'était le cas, putain que c'était bon, et globalement, c'est tout ce que j'espérais de The Banished Heart que Oceans of Slumber trouve enfin la formule magique et parvienne à équilibrer leur tambouille sur l'intégralité d'un album.

vendredi 16 février 2018

[Chronique] Angra - ØMNI

On ne peut pas vraiment dire que la trajectoire d'Angra soit en pente ascendante depuis une dizaine d'années, c'est même carrément la chute libre depuis le médiocre Aqua, triste point final à l'ère Edu Falaschi qui nous avait pourtant offert une vraie résurrection après la fin de l'âge d'or du groupe coïncidant avec le départ de son vocaliste original Andre Matos, il apparaît bien loin ce temps où les brésiliens avaient su se réinventer et proposer un Power Progressif racé et flamboyant (Temple of Shadows restant encore aujourd'hui un putain de bon disque), Secret Garden, premier album avec le mercenaire transalpin Fabio Lione, était une grosse daube ampoulée et molle de la fesse, du symphonique guimauve moisi et sirupeux, on pensait que le groupe avait touché le fond il y a deux ans et que ça ne pouvait pas être... bah putain, qui aurait pu imaginer que cet Ømni allait être encore mauvais, Kiko Loureiro a eu bien raison de lâcher l'affaire pour aller cachetonner chez Mustaine...

lundi 29 janvier 2018

[Chronique] In Vain - Currents

Il y a un truc que je me dis à chaque nouvel album d'In Vain, c'est que quoi qu'il arrive, le groupe ne fera jamais mieux que The Latter Rain, vous allez me dire que je suis dur et que ce changement est idiotement définitif, mais jusqu'à présent, il tient la route, ce qui n'empêche pas que chacun dans leur genre, Mantra et Ænigma soient deux très bons disques aux personnalités et aux orientations bien distinctes, seulement voilà, aucun n'atteint le niveau de brillance du premier album malgré le talent des norvégiens pour proposer une excellente mixture de Death/Black progressif et mélodique, Currents, quatrième album du groupe, sera d'ailleurs ancré dans ce mélange des genres habituel tout en développant sa propre personnalité, comme souvent chez In Vain, leur musique tourne toujours sur les mêmes axes et ils se contentent de l'équilibrer à chaque fois différemment.

jeudi 25 janvier 2018

[Chronique] Orphaned Land - Unsung Prophets & Dead Messiahs

En trois décennies et malgré très peu d'albums quand on regarde bien la discographie, Orphaned Land s'est hissé au sommet de la hiérarchie du Couscous Metal™, ce genre mêlant Metal et sonorités Folk orientales qui dans le cas des israéliens a pris des contours progressifs et n'a cessé d'évoluer d'album en album, leader d'un genre qu'il a lui même contribuer à créer et à façonner, une évolution qui a suivie la volonté du groupe de créer la musique la plus universelle possible à même de propager son message utopiste de paix et d'unité entre les peuples, All is One en 2013 répondait à cet impératif d'universalité, une orientation accessible, commerciale bien sûr, sans que cela soit un mal dans ce cas précis, qui a permis le groupe de grandir et de se développer encore et de s'établir comme la référence du Prog saveur orientale, cinq ans plus tard Orphaned Land est de retour, bien décidé à prouver qu'il peut survivre au départ de son guitariste fondateur Yossi Sassi...

mercredi 1 novembre 2017

[Chronique] Vuur - In This Moment We Are Free - Cities

Depuis son départ de The Gathering il y a déjà dix ans, Anneke van Giersbergen s'est clairement investie dans deux carrières très distinctes, la pop/folk acoustique, d'abord sous le nom d'Agua da Annique puis sous son propre nom, qui ne m'intéresse pas du tout et dont je me contrefous, et, plus intéressant pour moi, ses multiples participations prog métalliques, principalement chez Devin Townsend ou chez Arjen Lucassen avec Ayreon et plus récemment The Gentle Storm, permettant à la batave de se bâtir une sacré discographie, malgré tout difficile à suivre et disparate (et surement difficile à monétiser en live...), c'est ainsi qu'arrive Vuur, le tout nouveau groupe d'Anneke qui a pour but de rassembler toutes les aspirations Heavy et purement Heavy de la hollandaise, et qui nous livre ici un pur produit musical formaté que toute l'émotion et la sensibilité du chant d'Anneke auront du mal à sublimer...

dimanche 25 juin 2017

[Chronique] Foscor - Les irreals visions

Foscor est un groupe catalan (certains rageux diront espagnol) qui à l'origine faisait dans le Black Metal raw et rugueux très influencé par la scène norvégienne, qui ne laissait pas forcément présager de la tournure des événements, car ouais, le Black Metal c'est désormais terminé pour Foscor, et il aura fallu un grosse dizaine d'années et cinq albums pour s'en débarrassé.
Ce changement ne sera pas une surprise pour qui a quelque peu suivi la trajectoire du groupe, déjà il y a trois ans Those Horrors Wither introduisait une dose massive de chant clair dans un Black qui était déjà principalement tourné vers le Post-Black, et Les Irreals Visions ne fait qu'entériner le choix du groupe d'aller ailleurs, du côté de chez Solstafir et de Katatonia, même si prévisible, le changement n'en reste pas moins particulièrement drastique.

vendredi 25 novembre 2016

[Chronique] Hail Spirit Noir - Mayhem In Blue

Dans la catégorie Rock neo-vintage, Hail Spirit Noir sera toujours meilleur que Ghost, pourtant, tout le monde écoute Ghost et se contrefout des grecs, c'est quoi votre putain de problème putain?
Ah ouais, Hail Spirit Noir n'est pas signé par une grosse major qui vous matraque la gueule sa com', les grecs n'ont pas non plus le gimmick masqués/membres inconnus mystérieux, puisque Hail Spirit Noir est composé de gars issus du défunt Transcending Bizarre?, j'aimerais d'ailleurs bien ne pas employer le terme défunt en parlant de ce groupe, mais vu qu'il est dans un état végétatif profond depuis cinq ans, ça a l'air bien mort, bref, Hail Spirit Noir c'est mieux que Ghost, pour une raison principale, Hail Spirit Noir n'a jamais oublié qu'il faisait du Metal, il n'a pas oublié non plus ses racines Black, même s'il a lentement mais surement dévié vers le Rock vintage psychédélique, Mayhem in Blue, troisième album du trio, ne va certes pas réinventer la formule Hail Spirit Noir, mais c'est une nouvelle fois un sacré exercice de style complètement maîtrisé, maintenir le même niveau de qualité, une chose que les hommes masqués suédois ne sont même pas capables de faire...

jeudi 23 juin 2016

[Chronique] Katatonia - The Fall of Hearts

Il est bien loin le temps du Doom/Death pour les suédois de Katonia, qui ont depuis une bonne dizaine d'années dévié en territoire progressif, comme pas mal de leurs compères d'ailleurs, Anathema a évolué comme ça, et ça a fonctionné, Opeth a évolué comme ça, et c'est devenu de la merde, quant au modèle Paradise Lost (ouais, faut bien parler de modèle vu qu'au tout début, Katatonia était un Paradise lost suédois), il a lui aussi évolué comme ça, et ça a fonctionné... ah non en fait, les fans ont gueulé, manifesté, brûlé leurs exemplaires de One Second et de Host dans la rue et finalement Paradise Lost a fait machine arrière, pourtant, on a jamais reproché à Katatonia d'avoir emprunté le même chemin hors-Metal que Paradise Lost, le privilège de ne pas être un leader finalement, la possibilité de faire ce qu'il veut sans trop gêner qui que ce soit, et en faisant ça, devenir un leader lui-même, car c'est bien ce qu'est devenu Katatonia au gré de son évolution, un gros poisson... du Post-Rock progressif teinté de Metal.

samedi 12 mars 2016

[Chronique] Oceans of Slumber - Winter

Le changement, c'est maintenant! ... Enfin, dans le cas des américains d'Oceans of Slumber, le changement, c'était l'année dernière avec la sortie de l'EP Blue, dont le but était principalement de présenter sa nouvelle chanteuse, mais pas seulement, le changement de vocaliste était un geste fort et cet EP laissait présager d'un changement de direction plus ou moins radical, en tout cas, on se doutait bien que les texans ne souhaitaient pas franchement rester ancrés bien longtemps dans le Death/Doom mélodique et progressif (avec chanteur du coup) qui avait pourtant rendu son premier album Aetherial aussi passionnant et prometteur, surtout que généralement, le choix de passer d'un chant masculin à un chant féminin s'accompagne souvent d'une volonté de se rapprocher d'un public bien plus mainstream, et malheureusement, c'est globalement ce qui arrive à Oceans of Slumber avec Winter, qui est typiquement le genre d'album qui aurait pu (dû?) être excellent, malgré le changement de direction artistique, mais qui s'avère finalement très frustrant à écouter, et donc quelque peu décevant pour un groupe dont on espérait bien mieux.