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vendredi 15 mars 2019

[Chronique] Týr - Hel

Il y a peu de groupes qui sonnent comme Týr, en fait il n'y en a aucun, ce qui est étrange vu le caractère très balisé de sa musique, un melting-pot où s'entrecroisent le Folk, le Power Metal, les relents Thrash, les hymnes guerriers, au sein d'un enrobage progressif, les ingrédients sont plutôt convenus, mais malgré tout, Týr a toujours su créer un truc qui n'appartenait qu'à lui, un son unique, inimitable, dont eux seuls ont la recette, une recette qu'on avait presque oublié parce que ce nouvel album met fin à une longue période de silence radio puisque six ans séparent le brillant Valkyrja de cette nouvelle offrande du porte-étendard du Metal des Îles Féroé.

mardi 17 avril 2018

[Chronique] Kamelot - The Shadow Theory

Immobilisme: Disposition à se satisfaire de l'état présent des choses, à refuser le mouvement ou le progrès.
Ouais, c'est avec cette définition que je souhaitais commencer cette chronique aujourd'hui, afin bien sûr de vous faire partager mon excitation à l'idée de vous parler de ce nouvel album de Kamelot, l'enthousiasme de retrouver enfin un groupe qui fait globalement du surplace depuis une dizaine d'années, appliquant désormais sans aucune volonté de faire autre chose la formule dégrossie avec Ghost Opera, plus d'orchestrations, plus de trucs gothiques/romantiques pour plaire à la ménagère, et putain, même la pochette est sur le même modèle que celles de la période Tommy Karevik depuis Silverthorn, un personnage féminin avec une tonne de photoshop par dessus, même l'identité visuelle du groupe fait du surplace, et partant de là, il n'y a aucune doute sur le contenu de ce nouveau produit musical délivré sans âme par les industries Kamelot, un Power Metal surchargé, sombre, mou du genou, conformiste, dogmatique, qui continue d'enfoncer encore un peu plus le groupe dans une impasse créative dans laquelle il semble se complaire, monde de merde, qu'est-ce que je fous là...

jeudi 22 février 2018

[Chronique] Visigoth - Conqueror's Oath

Le problème avec les groupes de Heavy-Retro ou de Neo-vintage, c'est qu'ils ont, pour la plupart, énormément de mal à produire un deuxième album qui soit aussi bon que le premier, ou tout du moins un second album qui apporterait une certaine plus-value, car c'est bien gentil de vouloir revenir trente ans en arrière et reproduire l'esthétique des années 80 en piquant les riffs et les structures des grands anciens sans malheureusement en avoir l'attitude, c'est d'ailleurs très facile et à la mode en ce moment, mais quand il s'agit d'aller plus loin que de la pompe en forme d'hommage, tout de suite ça a tendance à se chier dessus, bref, Visigoth avait déboulé en 2015 avec un The Revenant King comme une réponse américaine à Grand Magus, un Heavy/Doom évidemment à l'ancienne et particulièrement référencé qui avait fait son petit effet à l'époque, et un groupe qui doit donc passer le test du fameux second album avec Conqueror's Oath, réussite ou pas?

vendredi 16 février 2018

[Chronique] Angra - ØMNI

On ne peut pas vraiment dire que la trajectoire d'Angra soit en pente ascendante depuis une dizaine d'années, c'est même carrément la chute libre depuis le médiocre Aqua, triste point final à l'ère Edu Falaschi qui nous avait pourtant offert une vraie résurrection après la fin de l'âge d'or du groupe coïncidant avec le départ de son vocaliste original Andre Matos, il apparaît bien loin ce temps où les brésiliens avaient su se réinventer et proposer un Power Progressif racé et flamboyant (Temple of Shadows restant encore aujourd'hui un putain de bon disque), Secret Garden, premier album avec le mercenaire transalpin Fabio Lione, était une grosse daube ampoulée et molle de la fesse, du symphonique guimauve moisi et sirupeux, on pensait que le groupe avait touché le fond il y a deux ans et que ça ne pouvait pas être... bah putain, qui aurait pu imaginer que cet Ømni allait être encore mauvais, Kiko Loureiro a eu bien raison de lâcher l'affaire pour aller cachetonner chez Mustaine...

jeudi 15 juin 2017

[Chronique] Unleash the Archers - Apex

Fun, sympa, sans réellement de consistance, voilà ce qu'est Unleash the Archers depuis dix ans, un groupe de Power sympa qui a déjà sorti trois albums tous facilement oubliable malgré une certaine qualité et un bon petit potentiel sympathie, il faut dire aussi que la bande à Brittney Slayes (ouais c'est du Power et y'a donc du nom de scène bien kitsch) ne se prend pas du tout au sérieux et a toujours pratiqué une certaine forme d'auto-dérision plutôt rafraîchissante dans le genre, le fait de naviguer dans certains délires nerdy lui a permis de ce créer sa petite niche confortable dans le Power Metal épique kitsch à mort et over-the-top, trop confortable peut-être, car pour fêter ses dix ans de carrière, Unleash the Archers a décidé de sortir un album sérieux, plutôt une bonne idée dans la mesure où Apex est clairement le meilleur disque du groupe à ce jour, et oserai-je dire, le premier qui puisse vraiment être qualifier de très bon.

samedi 25 mars 2017

[Chronique] Demonic Resurrection - Dashavatar

Du Metal qui sent le curry et le poulet Tandoori, on en a déjà eu dans le passé, on citera volontiers les russes de Kartikeya pour le Melodeath ou les tchèques de Cult of Fire pour le Black Metal épicé aux charmes de l'orient, avec Demonic Resurrection, on franchit un pas et on monte d'une caste dans la street-cred puisque là pour le coup le groupe vient de là-bas, d'Inde, et ce ne sont pas des cochons, puisque le groupe de Demonstealer, plus ou moins le seul membre permanent du projet, s'est taillé une assez jolie réputation avec ses quatre premiers albums, principalement dans un registre Black/Death symphonique très marqué par Cradle of Filth qui, étrangement, n'explorait pas franchement la riche histoire de sa région d'origine, n'intégrant que très peu de sonorités exotiques, si j'insiste sur ce point-là dans cette introduction, vous avez deviné, c'est qu'avec ce cinquième album, ça a changé, et Demonic Resurrection nous propose presque un album qui pourrait être sponsorisé par l'office du tourisme du Maharashtra tant il est imprégné de saveurs exotiques.

vendredi 16 septembre 2016

[Chronique] Evergrey - The Storm Within

Auto-flagellation, tristesse, amour déçu, mélancolie, trahison, solitude, ouais, autant vous prévenir tout de suite, cette chronique sera réservée aux gros fragiles du Metal, toi le gros dur au cœur tendre, c'est ton moment, car voici enfin le nouvel album d'Evergrey!
Je dis enfin car pour la première fois depuis globalement une dizaine d'années, j'attends quelque chose du groupe, qui, après des années d'errance et des albums salement moyens, avait sorti avec Hymns for the Broken en 2014 un disque plutôt pas mal, ce n'était pas encore une résurrection, mais l'inspiration était plutôt de retour, et en tant que gros fragile moi même, réécouter Tom Englund chanter de sa voix particulière ses lyrics Emo/Goth sur fond de Power/Dark Progressif enfin de retour à un niveau de qualité acceptable m'avait plutôt rassuré sur la capacité du groupe à continuer l'aventure et l'opération redressement, tout en sachant que ça n'allait pas se faire d'un claquement de doigts, faut dire aussi qu'on partait de tellement bas avec Torn ou Glorious Collision que le contraire eut été surprenant.

mercredi 31 août 2016

[Chronique] Sabaton - The Last Stand

Ça fait déjà deux ans?
Putain ouais, comme le temps passe vite, et donc réglé comme les rouages d'un char d'assaut, revoilà Sabaton avec un nouveau disque sous le bras pour nous proposer un Power Metal brillant et novateur ... oups, pour plutôt redémarrer un cycle de tournée avec du nouveau merch et deux-trois singles vite-torchés qui viendront se greffer à la setlist, ça fait rêver hein? Mais ne vous inquiétez pas, le groupe cartonne en ce moment et tout sera fait pour que le recyclage fonctionne et que ça se vende par palette entière, et même que le gros pigeon lâchera 150 boules pour se procurer l'édition ultra limitée livrée avec un tank.
Bref, The Last Stand, c'est encore une fois du pur recyclage, et à l'instar des suédois, je n'ai pas trop envie de me faire chier, donc je vais également recycler dans ce texte quelques bons mots que j'avais déjà utilisés lors de mes précédentes chroniques du groupe, rien ne se perd, rien ne se crée, rien ne se transforme...

lundi 18 janvier 2016

[Chronique] Rhapsody of Fire - Into the Legend

Cela faisait quelques temps qu'on avait plus trop entendu parler de Rhapsody of Fire, qui vivait depuis le grand schisme de 2011 dans l'ombre de l'autre Rhapsody de Luca Turilli, là ou son ancien guitariste avait brillé avec son Ascending to Infinity, Staropoli et ses potes avaient répondu par un piteux Dark Wings of Steel, avantage Turilli, et la messe semblait dite, sauf que... non en fait, rien n'est jamais gravé dans le marbre dans cet affrontement épique entre les deux titans du kitsch.
L'année dernière, Luca Turilli s'était pris les pieds dans le tapis avec un Prometheus quelque peu daubé, en tout cas largement en dessous de son précédent album, mais de là à espérer que Rhapsody of Fire puisse reprendre l'avantage, il y avait une marge, et là, sans spoiler, je vous l'annonce direct, Into the Legend est plutôt une réussite, le genre d'album que l'on n'osait plus espérer de la part d'un groupe que l'on pensait définitivement à la ramasse, les temps changent, et il ne faut jamais enterrer ces italiens amateurs de dragons magiques et de légendes douteuses.

mercredi 6 janvier 2016

[Chronique] Primal Fear - Rulebreaker

Inébranlable, inoxydable, insubmersible, indécrottable, revoilà Primal Fear, ouais, encore, pour ce qui est en train de devenir un vieux marronnier de ce blog, tous les deux ans en janvier, je vous chronique la nouvelle livraison des allemands pour débuter l'année, on y peut rien, c'est comme ça, la horde teutonne d'über-warriors du Heavy Metal ne lâchera jamais l'affaire et reviendra inlassablement à l'assaut, tant pis si de plus en plus de monde s'en bat les couilles sévère, bah ouais, ça devient un peu lassant à la longue.
Bref, je vous renvoie à la chronique du précédent album Delivering the Black pour une présentation plus exhaustive du groupe, on va tout de suite attaquer cette chronique, où, bien entendu, j'aurai tout a fait pu vous ressortir tout ce que j'avais écrit il y a deux ans tant ce Rulebreaker est en tout point similaire à son prédécesseur.

jeudi 26 novembre 2015

[Chronique] Dark Moor - Project X

Dark Moor, un groupe de Power Metal sympa dont tout le monde se fout un peu et dont on a peine à croire qu'il a désormais une vingtaine d'années d'existence et une tripotée d'albums au compteur.
Pourtant, c'est pas mal Dark Moor, peut importent les innombrables changements de line-up autour de l'inamovible guitariste Enrik Garcia, ou même le changement de chanteur en 2003 quand Alfred Romero remplaça la pourtant excellent Elisa C. Martin, les espagnols ont toujours su maintenir le cap et continuer leur route, dans l'ombre des plus grands du genre, dans un certain anonymat à moins d'être un fan de Power espagnol, la carrière de Dark Moor n'a jamais vraiment décollé malgré une discographie plutôt consistante, neuf albums à ferrailler dans le Power Metal sympathique, parfois c'était moyen, parfois c'était un peu mieux, ça tenait la route, jusqu'à aujourd'hui, parce que voici le cap du dixième album pour le combo madrilène, et pour l'occasion, plutôt que de nous resservir notre ration bi-annuelle de Power sympa, la bande d'Enrik Garcia a choisi de tout changer et de sortir des sentiers battus, pourquoi pas après tout, on ne peut pas en vouloir à un groupe parce qu'il essaie de sortir de sa routine, par contre, on peut leur en vouloir quand on écoute le résultat final, car avec son concept à base d'extra-terrestres, le vaisseau espagnol s'est mangé un astéroïde et vient d'exploser dans l'immensité de l'espace...

vendredi 11 septembre 2015

[Chronique] Stratovarius - Eternal

Il est loin le temps de l'âge d'or du Power Speed mélodique, ça fait plus de dix ans que le monde entier est passé à autre chose, ce qui n'empêche pas Stratovarius de continuer l'aventure, pourquoi? bof, je ne sais pas trop, le fait que le groupe ait encore une fan-base plus ou moins conséquente doit permettre au combo finlandais de tirer encore suffisamment de revenus, capitaliser sur son âge d'or et sa réputation doit être une stratégie commerciale acceptable.
Après le chaos aux alentours de 2004/2005, qui avait accouché d'un album éponyme en forme de suicide artistique suivit du départ de son maître à penser Timo Tolkki, Stratovarius avait miraculeusement survécu et avait su remonter la pente avec un nouveau guitariste et deux albums pas mauvais du tout, Polaris et Elysium, le groupe avait recommencé à émuler la formule Tolkki de la fin des années 90, comme une base sûre et confortable à laquelle il fallait revenir en cas de problème, c'était pas brillant, mais le fan était content de retrouver un peu d'allant chez son ancien groupe de Speed mélodique préféré, et puis il y a eu Nemesis, une foirade qui prouvait une fois de plus que quand Stratovarius essayait de changer sa formule, ça partait immédiatement en couilles, et suivant la tradition du groupe quand ça va mal, vous savez déjà ce qu'il va se passer avec Eternal, ouais, c'est l'heure du rétropédalage et du fameux retour aux notions de base.

mercredi 12 août 2015

[Chronique] Trials - This ruined World

Il y a des choses bizarres dans ce monde, à une époque où signer un deal avec un gros label indé n'a jamais été aussi facile, où ces mêmes labels signent un peu n'importe quoi en suivant les modes et en espérant tomber sur la next big thing du Metalcore, du ReThrash, du Rock vintage ou que sais-je encore, il existe encore des groupes indépendants qui évoluent un peu en marge du système alors qu'ils mériteraient bien mieux, surtout, certains sont parfois largement supérieurs à pas mal de leurs collègues jouissant de la force de frappe médiatique d'un label, nous sommes en 2015 et le groupe américain Trials est toujours en mode DIY, surement par choix, car je n'imagine pas un seul instant que le groupe n'ait jamais reçu de proposition de contrat digne de ce nom, c'est ainsi, Trials préfère tout faire lui-même, et tant pis s'il ne sera jamais reconnu à sa juste valeur par le grand public.
Mais passons, car après deux albums, les très bons Witness to the downfall en 2011 et In the Shadow of Swords il y a deux ans, voilà que déboule déjà le troisième album, et on sent bien que les natifs de Chicago sont bien décidée à frapper un grand coup, tout du moins pour ceux qui en ont quelque chose à faire, car ne tournons pas autour du pot, This Ruined World est le meilleur album du groupe, dans un style à la fois très accessible et difficile à définir.

samedi 27 juin 2015

[Chronique] Luca Turilli's Rhapsody - Prometheus, Symphonia Ignis Divinus

L'affrontement entre les deux versions de Rhapsody suite au grand Schisme de 2011 avait rapidement tourné à l'avantage de la version de Luca Turilli, à un Ascending to Infinity ambitieux, over the top et bigger than life, Rhapsody of Fire version Staropoli avait répondu par un minuscule Dark wings of Steel bien trop fidèle au dogme orignal et revenant à un Power Metal symphonique plus simple et musclé qui n'avait pas enthousiasmé grand monde, d'un coté, un Rhapsody ambitieux porté par Turilli et soutenu par le tout puissant Nuclear Blast, de l'autre un Rhapsody sans imagination justement viré par Nuclear Blast après le Schisme, j'ai comme dans l'idée que le label allemand a misé sur le bon cheval cette fois-ci, mais laissons de côté ces querelles de clochers et les comparaisons, elles n'auront pas lieux d'être dans cette chronique.
Bref, avec Asending to Infinity, Luca Turilli avait quasiment inventé un nouveau genre de Power Metal Symphonique, le Power Metal cinématographique épique, qui est finalement assez simple à définir, vous prenez du Rhapsody of Fire, et vous poussez tout à fond! Plus d'orchestrations, plus de chœurs, plus d'opéra, et plus de tout en fait, Luca Turilli se veut le Michael Bay du Power Metal, des tonnes et des tonnes d'explosions et d'effets spéciaux destinés à en mettre plein les yeux, un véritable blockbuster musical doublé d'un certain délire mégalomane, Ascending to Infinity était particulièrement jouissif, et un vrai tour de force, car Luca Turilli réussissait là où d'autres avaient échoué avant lui (au hasard, Nightwish...), conserver un son très orienté Metal tout en faisant dans la surenchère orchestrale, avec un réel souffle épique, du coup, on attendait beaucoup de ce second album, et immanquablement, ce sera moins bien...

mercredi 3 juin 2015

[Chronique] Helloween - My God-Given Right

Il y a deux ans, Straight Out of Hell avait prouvé deux choses, que Helloween n'avait plus rien à prouver, et surtout qu'il ne fallait plus rien attendre des allemands que des albums qui soient le moins mauvais possible, c'est ainsi, après plus de trente ans de carrière, Helloween n'a plus rien sous la pédale, et c'est principalement par inertie que le groupe continue d'avancer tranquillement vers la retraite.
Partant de là, il n'y a rien à attendre de ce quinzième album, mais vraiment rien du tout, l'age d'or est loin derrière, Helloween n'est plus capable de composer des classiques intemporels, à peine est-il capable de pondre deux-trois morceaux sympa par album et de vite torcher le reste, le problème de My God-Given Right, même si l'on en attendait pas grand chose, est qu'il parvient à être encore plus médiocre que le précédent, Helloween atteint le zéro absolu de sa créativité avec un album où il ne se passe... euh rien, mais vraiment rien, du début à la fin, My God-Given Right est juste un album de plus qui servira de prétexte à une nouvelle tournée, et rien d'autre, un produit calibré et générique qui ne sera qu'un objet de plus à vendre en tournée, et tant pis si c'est nul, Helloween est le genre de groupe qui a beaucoup de fans-collectionneurs qui veulent tout posséder du groupe quoi qu'il arrive...

lundi 4 mai 2015

[Chronique] Kamelot - Haven

L'immobilisme est quelque chose de confortable pour un groupe, quand on a trouvé une formule qui marche, commercialement du moins, il est tentant de vouloir la répéter afin de maintenir sa position et de rassurer les fans, malgré tout, c'est un cercle vicieux où l'on a vite fait de se mordre la queue, car l'immobilisme engendre la lassitude, chez le public, évidemment, à part chez la frange la plus fidèle qui sera heureuse d'écouter toujours le même album tous les deux-trois ans en se disant que même si ce n'est pas flamboyant, ça pourrait être pire, mais cette lassitude risque de toucher également le groupe, qui, tellement enfermé dans ses habitudes de travail, ainsi que dans le confort d'utiliser une recette qui fonctionne, ne se mettra jamais en danger.
C'est précisément là où en est Kamelot, à ce point de sa carrière, le groupe n'a aucune volonté de modifier quoi que ce soit à sa musique, cet immobilisme dure depuis Ghost Opera, c'est à ce moment là que le groupe s'est arrêté dans son évolution, depuis, Kamelot stagne, avec son Power Metal sombre et mou du genou, tellement conformiste et dogmatique qu'il en devient désormais impossible de lui accoler l'étiquette Progressive comme c'était le cas avant, Kamelot a un son reconnaissable, une identité, qui ne sera pas modifié avec Haven, l'habitude et le confort faisant que le groupe pense qu'il n'a plus rien à prouver, à tort évidemment, car à trop vouloir répéter sa formule, les américains vont irrémédiablement se mordre la queue et sombrer dans la platitude et l'ennui, avec un album marqué par le sceau de la lassitude et du Statu quo...

mardi 24 février 2015

[Chronique] Ensiferum - One Man Army

On vit une époque formidable où peut importe la qualité, si t'as le bon gimmick, c'est susceptible de cartonner, le gros gimmick en ce moment, ce sont les vikings, que ce soit à la télé ou dans le Metal, il suffit d'utiliser l'imagerie viking pour que ça se vende, le port de la barbe est bien sûr un plus histoire de faire mouiller les pucelles, ça tombe bien, il y en a plein dans le Metal, et ça marche sur les beaufs aussi, et là encore ça tombe bien, ce sont les beaufs qui font tourner le business Metal.
Tout n'est pas à jeter dans le Folk, bien entendu, mais malheureusement, bon Folk contre mauvais Folk, c'est toujours le mauvais Folk qui gagne, car plus accessible, plus facile à écouter pour les beaufs et les gamins qui regardent Vikings à la télé et qui sont naturellement fan d'Amon Amarth (rigolez pas, y'en a même qui appelle ça du Viking Metal) rien que pour l'image véhiculée, le Folk d'obédience germano-scandinave a le vent en poupe, l'imagerie viking aussi, pas besoin de se faire chier à bosser sa musique, un riff moisi, des chœurs catchy, des orchestrations en masse pour faire épique, des rythmes simples, et ça se vend tout seul, c'est précisément ce qu'a parfaitement compris Ensiferum, la merde se vend bien, pourquoi se faire chier à faire de la bonne musique?

dimanche 21 décembre 2014

[Chronique] Angra - Secret Garden

Angra avait tellement disparu ces dernières années que l'on m'aurait annoncé son split, ça ne m'aurait pas surpris, surtout qu'on avait un peu touché le fond avec Aqua en 2010, un disque enfanté dans la douleur pour un groupe dont certaines rumeurs annonçaient le split, déjà, en 2007, des problèmes de management ayant provoqué un hiatus de deux ans.
Aqua donc, disque plutôt médiocre et dernier album de l'époque Edu Falaschi, le chanteur qui avait pris la relève d'Andre Matos en 2001 avec un certain succès, du moins sur album, car ce brave Edu avait un gigantesque problème malgré tout, son incapacité à chanter correctement en live, ce qui faisait un peu tâche pour un groupe plutôt dépendant de son vocaliste pour faire passer de l'émotion.
Aqua mis à part, je dois bien vous avouer que j'ai bien aimé la période post-Matos d'Angra, Rebirth était un bon disque de retour, Temple of Shadows un putain de bon disque de Power prog, et Aurora Consurgens était un poil moins bon mais dans la lignée de cet Angra 2.0 qui avait au moins le mérite de rompre avec ce qu'ils faisaient dans les années 90, et tant pis si leur musique était moins catchy, Angra gagnait en richesse, et puis Aqua, le coup d'arrêt, le départ d'Edu Falaschi, quatre ans de quasi silence pour que sorte ce nouvel album avec un line-up évidemment remanié, et un Angra qui joue très gros avec ce disque qui doit permettre de remettre le groupe sur les rails, surement est-ce pour cela que l'album sort d'abord au Japon (mi-janvier pour l'Europe), histoire de se rassurer dans un pays où le groupe est peut-être moins cramé qu'ailleurs et jouit toujours d'un certain crédit, le retour triomphant ou l'oubli en quelque sorte... bon, ce sera l'oubli alors...

dimanche 9 novembre 2014

[Chronique] Machine Head - Bloodstone & Diamonds

Machine Head est un groupe qui revient de loin, après tout, on parle d'un groupe qui, après deux excellents disques qui pouvaient laisser penser qu'à terme le trône de maître du Metal américain lui était promis, a subitement décidé en 1999 que sortir un album de Korn avec l'attitude de Limp Bizkit était une bonne idée, sauf que Robb Flynn qui rappe en survêtement relevait davantage du ridicule et de l'opportunisme putassier que du coup de génie, Burning Red, puis Supercharger, les heures les plus sombres de l'histoire du groupe, commercialement et artistiquement.
Il faudra attendre 2003 et Through the Ashes of Empires pour que la bande de Robb Flynn relève la tête, un peu, puisque soyons sérieux, seul le titre Imperium est véritablement bon sur ce disque baignant encore dans le Neo Metal à deux balles, Imperium, c'est le titre qui préfigurera ce que sera la claque The Blackening que personne n'attendait, un album tellement bon qu'il parvenait à faire oublier le fait que Robb Flynn avait vendu son gros cul au Nü Metal huit ans plus tôt, suffisant pour replacer Machine Head assez haut dans la chaîne alimentaire, suffisant donc pour relancer l'intérêt autour du groupe et faire revenir les fans, et tant pis si l'album suivant Unto the Locust était moins bon, il avait au moins le mérite de ne pas trop se vautrer.
De ce fait, Bloodstone & Diamonds est un album particulièrement attendu, et la dernière des "grosses" sorties de l'année, un disque déjà survendu par la presse et le nouveau label du groupe, Nuclear Blast, comme le chef d'oeuvre de 2014... ce qu'il n'est pas, ce qui ne serait pas forcement trop grave s'il était, au moins, bon... ce qu'il n'est pas non plus, c'est ainsi, Bloodstone & Diamonds est raté, pas autant que Burning Red ou supercharger, certes, mais suffisamment foiré pour être même en dessous d'Unto the Locust...

jeudi 16 octobre 2014

[Chronique] Sanctuary - The Year the Sun Died

25 ans après son dernier album et 22 ans après son split, Sanctuary fait enfin son retour sur le devant de la scène avec son nouvel album, mouais, le "enfin" est surement de trop dans la phrase puisque dans un monde idéal, Nevermore n'aurait jamais splitté et on n'aurait jamais entendu reparlé de Sanctuary, après tout, Nevermore, fondé par les Sanctuary Warrel Dane et Jim Sheppard, accompagné de leur ancien guitariste live Jeff Loomis, représente l'évolution logique de Sanctuary post-Into The Mirror Black, un Power Metal sombre, torturé, et plus enclin au progressif, assez éloigné d'un Refuge Denied forgé dans le Power Thrash.
Sauf que voilà, Nevermore n'a pas résisté à l'alcoolisme de ses membres, créant des dissensions insurmontables qui ont entraîné l'explosion du groupe en 2011, et sans Loomis, démissionnaire en plus de du batteur Van Williams, plus de Nevermore, fin de l'histoire, ... enfin, en attendant que l’appât du gain n'apaise les dissensions et que le groupe fasse un come-back...
Bref, en attendant, il faudra donc se contenter de la reformation de Sanctuary, un choix logique de la part de Dane et Sheppard que de ressusciter un vieux groupe au nom déjà connu et jouissant d'une certaine notoriété à l'époque plutôt que de repartir sur un projet neuf aux perspectives de succès plus difficiles à prévoir, et plutôt que de l'aléatoire, il fallait surement mieux jouer sur la nostalgie avec Sanctuary, ce qui ne change pas grand chose à l'affaire en fin de compte, car The Year the Sun Died aurait pu aisément être un album de Nevermore, voilà le truc, Sanctuary, c'est du Nevermore sous un autre nom...