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vendredi 29 mars 2019

[Chronique] Cellar Darling - The Spell

Cellar Darling c'est le groupe monté par Anna Murphy, Merlin Sutter et Ivo Henzi après leur départ fracassant d'Eluveitie en 2016, les suisses n'avaient pas traîné à sortir un premier album, This is the Sound voyant le jour en 2017, et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat m'avait laissé plus que perplexe... mouais, en fait pour parler plus simplement l'album était plutôt médiocre, bancal, et montrait plutôt un groupe qui ne savait pas vraiment où aller, tout à fait le genre d'album qui aurait dû marqué la fin de ma relation avec le groupe.
Seulement voilà, deux ans plus tard, Cellar Darling (quelle nom de daube quand même) a sorti tout un tas de singles tiré de son second album et c'était largement plus convaincant qu'il y a deux ans, de quoi me pousser à me taper The Spell et à vous en pondre une chronique, et je dois bien vous avouer que je n'ai pas vraiment perdu mon temps, c'est pas du génie mais The Spell est enfin conforme aux quelques promesses disséminées sur son premier album.

vendredi 8 février 2019

[Découverte] Mo'ynoq - Dreaming in a Dead Language

Vous saviez que Mo'ynoq (ou Муйнак en russe ou Moynak en karakalpak) était une ville d’Ouzbékistan? ouais, un ancien port de la mer d'Aral, qui a eu un petit souci, qui explique le terme ancien port, avec la-dite mer qui s'est retirée, laissant à la ville un joli cimetière de bateau et des carcasses rouillées en plein désert comme vestiges de sa richesse passée, autant dire que c'est pas franchement la fête du côté de Mo'ynoq, et qu'après une telle catastrophe environnementale, il n'en fallait pas plus pour que des américains se disent que c'était un super nom pour un groupe de Black Metal, et plus précisément de Black Metal qui navigue dans l'atmosphérique et le Death progressif.

mardi 17 juillet 2018

[Chronique] Sear Bliss - Letters From The Edge

On ne peut pas dire que les hongrois de Sear Bliss, où plutôt le hongrois András Nagy puisqu'il est la tête pensante et le seul membre permanent du groupe, aient été particulièrement productif depuis la sortie en 2007 de ce que je considère comme leur chef-d'oeuvre The Arcane Odyssey, il aura fallu attendre 2012 pour que Sear Bliss lui donne un successeur qui n'était pas forcément ce que les fans attendaient puisque Eternal Recurrence était marquait par un gros changement de style et une orientation progressive presque typée avant-garde de leur Black atmosphérique originel, ce qui n'empêchait pas cet album d'être une excellente réussite dans son genre, après tout, on parle de Sear Bliss, ce n'est pas comme si le groupe était capable de sortir un mauvais disque même si ce dernier est marqué par une évolution stylistique, et évolution stylistique il y aura encore avec un Letters from the Edge qui arrive six ans plus tard et qui vient de sortir le mois dernier dans une certaine indifférence, dommage, l'album vaut mieux que sa quasi absence de promo.

vendredi 12 janvier 2018

[Chronique] Sinistro - Sangue Cássia

Sinistro fait partie de ces groupes difficilement classables, qui semble évoluer dans tellement de références et d'influences qu'il devient très compliqué de lui coller une étiquette, les deux premiers albums des portugais ont constamment navigué entre le Sludge, le post-Metal, le Doom, l'atmosphérique, et l'on pourrait presque ajouter de l'avant-garde, l'art de brouiller les cartes, mais avec une constante cependant, cette volonté de constamment raffiner sa musique au fur et à mesure des albums, ce qui est une trajectoire logique pour pas mal de groupes de cette mouvance, qui consiste à délaisser les velléités abrasives pour s'étendre du côte du post Rock, stratégie désormais classique mais toujours efficace, et pour son troisième album, cette évolution continuera dans ce sens.

samedi 10 septembre 2016

[Chronique] Névoa - Re Un

Ah le Portugal, ce pays de Metal où en plus de Moonspell t'as... euh... ben rien en fait, en dehors de Moonspell, tu plonges directement dans l'underground car c'est là qu'il faut aller pour trouver la scène Metal locale, et ça tombe bien, en fouillant dans le souterrain du Metal lusitanien, je suis justement tombé sur un truc bien, bon, j'ai écouté une centaine de merde avant, mais ça fait toujours plaisir de voir son abnégation récompensée.
Bref, il s'agit d'une chronique découverte aujourd'hui, découverte car je suis convaincu que vous n'avez pas écouté le premier album de Névoa sorti l'année dernière, ça s'appelait The absence of Void et c'était plutôt cool, le groupe n'a pas trop tardé avant de livrer un successeur, en prenant au passage un peu de galon puisqu'il se retrouve désormais distribué par l'excellent  Avantgarde Music.

samedi 21 mai 2016

[Chronique] Howls of Ebb - Cursus Impasse: The Pendlomic Vows

Ce second album des américains de Howls of Ebb fait partie des albums que j'attendais avec impatience cette année, par forcément car j'espérais une suite logique à leur premier album Vigils of the 3rd Eye, mais plutôt parce que leur EP The Marrow Veil paru l'année dernière laissait apparaître une orientation tout ce qu'il y avait de plus intrigante, il n'en reste pas moins que le premier album est encore aujourd'hui un putain de bon disque de Death/Black flirtant avec une certaine forme d'Avant-garde bizarre, mais à partir de l'EP, il y avait de quoi s'attendre à quelque chose d'un peu plus étrange encore, et... c'est le cas, ouais, le trio devenu depuis peu duo est encore allé plus loin.

samedi 12 mars 2016

[Chronique] Oceans of Slumber - Winter

Le changement, c'est maintenant! ... Enfin, dans le cas des américains d'Oceans of Slumber, le changement, c'était l'année dernière avec la sortie de l'EP Blue, dont le but était principalement de présenter sa nouvelle chanteuse, mais pas seulement, le changement de vocaliste était un geste fort et cet EP laissait présager d'un changement de direction plus ou moins radical, en tout cas, on se doutait bien que les texans ne souhaitaient pas franchement rester ancrés bien longtemps dans le Death/Doom mélodique et progressif (avec chanteur du coup) qui avait pourtant rendu son premier album Aetherial aussi passionnant et prometteur, surtout que généralement, le choix de passer d'un chant masculin à un chant féminin s'accompagne souvent d'une volonté de se rapprocher d'un public bien plus mainstream, et malheureusement, c'est globalement ce qui arrive à Oceans of Slumber avec Winter, qui est typiquement le genre d'album qui aurait pu (dû?) être excellent, malgré le changement de direction artistique, mais qui s'avère finalement très frustrant à écouter, et donc quelque peu décevant pour un groupe dont on espérait bien mieux.

mercredi 2 décembre 2015

[Chronique] Dead to a Dying World - Litany

Il n'y a pas eu de chroniques en rafale pour novembre, il n'y en aura pas non plus en décembre, l'année est quasiment terminée, les grosses sorties sont derrières nous, et l'actualité est très faible en ce moment, c'est l'occasion pour moi de continuer à vous proposer des chroniques de trucs plus underground mais souvent très intéressants, voir de parfois rattraper mon retard en vous parlant d'albums sortis il y a déjà quelque temps, ça tombe bien, ce Litany des américains de Dead to a Dying World tombe dans les deux catégories, l'album est sorti en octobre, et il est tout à fait possible que vous soyez passé à côté du fait du manque d'éclairage entourant sa sortie, session de rattrapage obligatoire donc, car Litany est de ce genre d'album qui ne laisse pas indifférent.

dimanche 24 mai 2015

[Chronique] Secrets Of The Sky - Pathway

Sorti de nulle part en 2013, Secrets of the Sky avait fait très forte impression avec son premier album To Sail Black Waters, sans être forcément une grande révolution, les américains avaient accouché d'un premier effort diablement mature vue la jeunesse du projet, très justement salué par la critique et le public (pour une fois à raison...), de quoi également se faire repérer par un plus gros label, en l’occurrence Metal Blade, qui offrira surement au groupe une visibilité plus importante, encore faut-il que ce nouvel album soit bon, car après avoir tutoyé les sommets avec son premier effort, Secrets of the Sky se retrouve avec une sacré pression, l'attente d'un public qui entend bien que Pathway soit au moins aussi bon, si ce n'est meilleur que son prédécesseur.
Partant de là, il sera tout à l'honneur des américains de ne pas franchement avoir choisi la facilité en restant dans le confort des eaux noires déjà naviguées il y a deux ans, car Pathway va faire preuve d'une luminosité plutôt inattendue, assez révélatrice d'un groupe qui sort de l'underground pour se montrer au grand jour, aïe, Secrets of the Sky aurait-il vendu son cul au système? fort heureusement non, ce qui ne va pas empêcher l'album d'être malgré tout bien plus accessible.

mardi 30 septembre 2014

[Chronique] Myrkur - Myrkur [EP]

Vous avez forcément entendu parler de Myrkur ces dernières semaine, un one-woman band qui fait le buzz dans toute la presse Metal sous prétexte que c'est une jeune et fragile jeune femme qui se lance dans un milieu d'homme, incroyable n'est-ce pas? en plus, pour plus d'authenticité et pour la caution Trve, elle vient de Scandinavie, juste ce qu'il faut pour que la presse s'emballe et s'incline devant son génie, tout en signant au passage chez Relapse.
Sauf que... non en fait, cette vision romantique de la jeune femme qui réalise son premier EP en solitaire dans les bois au Danemark et qui sort de l'ombre toute seule comme une grande, est fausse, bah ouais, Myrkur, c'est en fait Amalie Brunn, qui est certes danoise, mais qui vit à Brooklyn, partageant son temps entre son duo Indie-Pop Ex Cops et des activités dans le mannequinat, comme par exemple une petite apparition dans une publicité Chanel avec Gaspard Ulliel, en gros, plutôt le genre de gonzesse dont on parlerait volontiers chez Pitchfork, Vogue ou encore les Inrock, et pas forcément dans un magazine Metal, avouez que le romantisme du projet et l'authenticité chère au public Black Metal en prend un petit coup dans l'aile, et on imagine volontiers que cet EP qui se veut Trve et authentique avec un son old school qui croustille fut enregistré dans un studio branchouille de New York.
Bon, ça c'était pour la partie Mythbuster de la chronique, histoire de pisser sur le buzz, une partie que nous allons oublier pour nous consacrer à la musique de la demoiselle (ou de son producteur hispster à moustache), car authentique ou pas, Myrkur à presque tout bon avec son premier EP éponyme...

mardi 9 septembre 2014

[Chronique] The Autumn League - Concept of Irony

Aujourd'hui je vous emmène dans l'inconnu avec un groupe qui sort un peu de nulle part, la seule chose que l'on sait de The Autumn League, c'est qu'ils viennent d'Australie, même l'utilisation du pluriel est sujette à caution car il est tout à fait possible que ce soit un One-man band, mais comme le line-up est inconnu, par défaut je vais employer le terme de groupe.
Formé en 2012, parait-il un side-project (sic), The Autumn League nous propose un premier album qui aurait dû normalement être un EP, mais après quelques développements, cet EP s'est transformé en un premier essai longue durée, de très longue durée même, puisque le bestiau pèse au final une bonne heure, cela peut paraître beaucoup, mais ce n'est pas si inusuel que ça dans le domaine de l'atmosphérique.
Concept of Irony est donc un long disque de Metal atmosphérique où The Autumn League va mélanger du Death et du Black, en développant une personnalité intéressante, ce qui est toujours une bonne idée pour un premier album, mais malheureusement, malgré tout un tas de bonnes idées, je dois bien vous avouer que j'aurais préféré écouter un EP plutôt qu'un album, car la monotonie va très vite se faire ressentir et The Autumn League va vraiment avoir du mal à tenir la distance...

mardi 2 septembre 2014

[Chronique] Sólstafir - Ótta

Il y a des évolutions qui sont plus naturelles que d'autres.
Même si le premier album de Sólstafir, Í Blóði og Anda, est étiqueté Black Metal, la Black des islandais n'avait franchement rien de conventionnel, et ce sont justement les conventions que Sólstafir s'est employé à bousculer tout au long de sa carrière, se servant du Metal comme base pour partir vers une autre direction, conservant des bribes métalliques comme fil conducteur à leur évolution, car même si Sólstafir en 2014 n'a plus rien à voir avec le Sólstafir de 2002, les cow-boys islandais ont su conserver leur personnalité et leur identité.
Sólstafir ne fait aujourd'hui plus de Metal mais en conserve l'esprit et toute son essence, on parle aujourd'hui de Post-Rock, d'atmosphérique, de Post-Metal, ou que sais-je encore pour qualifier la musique des islandais, mais malgré sa mutation, Sólstafir ne sonne comme personne d'autre, Sólstafir n'est pas Katatonia, pas Pink Floyd non plus, et encore moins un énième Sigur Ros, non, Sólstafir est Sólstafir, droit dans ses santiags, et Ótta, cinquième album, est une preuve supplémentaire de la brillance des islandais, bien décidés à nous démontrer qu'ils n'avaient pas atteints les limites de leur évolution avec Svartir Sandar...

lundi 10 mars 2014

[Chronique] Morbus Chron - Sweven

Après nous avoir livré en 2011 un vibrant hommage à la scène Death néandertalienne nord-américaine (Autopsy en tête) avec son premier album Sleepers in the Rift, on avait bien compris avec l'EP A Saunter Through the Shroud que les suédois de Morbus Chron n'allait pas longtemps traîner ses guêtres dans le marécage putride du Death à l'ancienne.
Ce n'est pas la première fois qu'on nous fait le coup ses dernières années, Tribulation avait drastiquement changé de direction pour son second album l'année dernière, et dans une moindre mesure, Obliteration avait également amorcé un léger virage stylistique, mais ces changements de style sont sans commune mesure avec ce qui nous attend avec le second album de Morbus Chron, Sweven, car soyons clair, il ne s'agit pas de Death Metal ici, encore moins de Old School, et l'on pourrait presque pinailler sur l'appartenance au Metal du groupe (ok, j'exagère un peu), ce nouvel album des suédois marque une profonde rupture avec le Death originel, Morbus Chron est devenu... autre chose...

vendredi 10 janvier 2014

[Chronique] Alcest - Shelter

On ne peut pas dire que l'on n'avait pas vu le coup venir, alors que le certains groupes aiment à surprendre, changer de direction brutalement, l'évolution d'Alcest est un long cheminement prévisible qui le conduit tout naturellement à un endroit où l'on n'aurait jamais voulu qu'il aille, tout en sachant que c'était inéluctable.
Après le merveilleux Souvenirs d'un autre monde, Neige à emmené progressivement son projet vers d'autres horizons, par petites touches, avec Écailles de Lune et Les Voyages de l'âme, cette fois-ci, avec Shelter, c'est la bonne, il n'y a désormais plus aucune trace de Metal, et encore moins de Black, chez Alcest, qui semble vouloir devenir le Sigur Ros français, et bien que l'évolution soit logique, non, ce n'était pas nécessairement une bonne idée...

mercredi 27 novembre 2013

[Chronique] Code - Augur Nox

Code est le genre de groupe qui échappe à toute tentative de catégorisation, car depuis le début, les anglais ont toujours pris un malin plaisir à brouiller les cartes, et surtout repousser les frontières du Black Metal, dépasser les limites réductrices du genre, expérimenter, mélanger, et se retrouver au carrefour d'un nombre improbable d'influences.
Code est un groupe obscur, dont le line-up est chaotique, qui ne donne que très peu de concerts et qui aime bien prendre son temps, un groupe que l'on a tendance à oublier un peu pendant ses longues périodes d'hibernation, qui sort des ténèbres tous les quatre ans afin de montrer au monde le résultat de ses recherches.
Quatre années séparent donc ce troisième album, Augur Nox de son excellent prédécesseur, Resplendent Grotesque, et c'est une fois de plus avec un line-up tout neuf que les anglais ont décidé de rompre le silence, et comme à leur habitude, l'évolution est de mise, car ce n'est pas le genre de la maison de faire du surplace et de sortir deux fois le même disque...