Voivod a toujours été un groupe à part dans le Thrash, cumulant les succès d'estime plutôt que les succès commerciaux depuis plus de trente ans, et même si Nothingface aurait pu faire exploser le groupe aux yeux du grand public, le soufflet est vite retombé par la suite, mais au moins le groupe aura su se constituer une grosse base de fans hardcores même pendant les heures les plus sombres du groupes.
Voivod est le vilain petit canard anticonformiste qui ne fait rien comme tout le monde, trop geek, trop weirdo, trop antisocial, plus le genre à passer ses soirées seul dans sa chambre à lire des comics de SF, bien trop bizarre pour toucher le grand public, et puis il y a le destin qui s'acharne, les problèmes de line-up, les changements de label à répétition, et surtout une longue traversée du désert, marquée notamment par le décès de Piggy en 2005, le principal compositeur du groupe.
C'est d'ailleurs après cet évènement tragique qu'on a bien cru le groupe perdu pour la cause à tout jamais, car même si Piggy apparaissait de manière posthume sur Katorz et Infini, on ne peut pas dire que ces deux albums furent bons, au contraire.
(Ok, je suis un peu dur avec le groupe, les albums studio étaient moisis, mais les albums live étaient vraiment très bons)
Bref, Target Earth, avec son hideuse pochette dessinée par un gamin de huit ans sous Paint, ne faisait pas particulièrement envie, même s'il suscitait une certaine curiosité de ma part, j'étais même presque sûr d'avoir à écrire une chronique négative... mais ça, c'était avant d'avoir écouté la bête, car miracle les amis, Voivod a sorti un putain de bon disque, et vu comment je suis difficile à contenter, vous pouvez me croire quand je vous dit qu'il est bon...