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mercredi 27 février 2019

[Découverte] Kaleikr - Heart Of Lead

Depuis une dizaine d'années, l'Islande est devenue une solide place forte du Metal, avec un nombre de groupes assez étonnant pour un pays de 350000 habitants, et le développement d'une scène extrême plutôt singulière et de qualité, plutôt enclin à l'exploration sonore.
C'est sur les cendres d'un groupe de Black nommé Draugsól, qui avait sorti il y a deux ans un excellent premier album, que s'est formé Kaleikr, désormais un duo comprenant le batteur Kjartan Harðarson et Maximilian Klimko pour... tout le reste, et il ne sera pas trop question de Black cette fois-ci, car même si Kaleikr a gardé de sa précédente incarnation le goût des structures alambiquées et des atmosphères dissonantes, Heart of Lead naviguera dans le Death Metal blackisé du genre abstrait et teinté de post-Metal progressif.

jeudi 13 décembre 2018

[Chronique] Marsh Dweller - Wanderer

Si le nom de Marsh Dweller vous dit quelque chose, félicitations, vous êtes un lecteur assidu de ces pages et vous savez déjà que ce one-man band de l'américain John Owen Kerr avait sorti il y a deux ans avec The Weight of Sunlight un premier album particulièrement croustillant œuvrant dans un Black/Folk très référencé et largement influencé par Panopticon, peut-être un peu trop d'ailleurs, car ma chronique de cet album se terminait par ses mots: "dommage cependant qu'il n'est pas suffisamment aventureux pour se détacher complètement de ses influences parfois trop pesantes."
Partant de là, si vous suivez un peu ce qui se passe ici, vous vous doutez probablement que si je prends le temps de vous parler de ce second album de Marsh Dweller, c'est qu'on va avoir affaire avec Wanderer à une bestiole radicalement différente de son prédécesseur, à tel point qu'il va désormais être difficile de classer ça dans la case Black Metal...

vendredi 12 janvier 2018

[Chronique] Sinistro - Sangue Cássia

Sinistro fait partie de ces groupes difficilement classables, qui semble évoluer dans tellement de références et d'influences qu'il devient très compliqué de lui coller une étiquette, les deux premiers albums des portugais ont constamment navigué entre le Sludge, le post-Metal, le Doom, l'atmosphérique, et l'on pourrait presque ajouter de l'avant-garde, l'art de brouiller les cartes, mais avec une constante cependant, cette volonté de constamment raffiner sa musique au fur et à mesure des albums, ce qui est une trajectoire logique pour pas mal de groupes de cette mouvance, qui consiste à délaisser les velléités abrasives pour s'étendre du côte du post Rock, stratégie désormais classique mais toujours efficace, et pour son troisième album, cette évolution continuera dans ce sens.

mercredi 9 août 2017

[Chronique] The Soundbyte - Solitary IV

C'est un peu triste que The Third and the Mortal n'existe plus, bon, cela fait déjà plus de dix ans mais le groupe a laissé un vide chez tous les amoureux de Doom aux penchants atmosphériques et avant-gardistes, heureusement que ce bon vieux Trond Engum est encore là avec son projet solo The Soundbyte pour entretenir la flamme car ses anciens collègues n'ont pas été très actifs depuis le split, Solitary IV est donc, comme indiqué subtilement dans le titre du disque même si les précédents ne s'appelaient pas Solitary, le quatrième album du projet, et autant vous prévenir tout de suite, on ne sera pas forcément dans le monde du Metal avec ce disque, enfin, un peu quand même, mais sans y être vraiment...

jeudi 10 novembre 2016

[Chronique] Ulcerate - Shrines of Paralysis

Oh tiens, voilà l'album de l'année qui vient de sortir, trop cool.
Ouais, j'attaque cette chronique comme ça, car ça devient une habitude, je place systématiquement les albums d'Ulcerate au sommet de mes listes de fin d'année, pas le choix, car à chaque fois c'est la même histoire, Ulcerate sort de sa Nouvelle-Zelande natale pour fracasser l'univers et atomiser toute la concurrence, c'était le cas avec Destroyers of All en 2011 et Vermis il y a déjà trois ans, et plus généralement, en quatre disques, Ulcerate s'est mis en tête de transcender le Death Metal, de l'emmener dans un autre niveau de conscience, et il y est parvenu, à chaque fois, avec une facilité presque insolente, avec Vermis comme point culminant de cette ascension, qui ne laissait qu'une seule question en suspens, comment Ulcerate allait pouvoir faire mieux?

mercredi 19 octobre 2016

[Chronique] Dysrhythmia - The Veil of control

La musique de Dysrythmia Disrytmya Dysrhitmia merde, ah voilà, Dysrhythmia, est aussi complexe à appréhender que l'est son patronyme à orthographier, il faut dire aussi que depuis l'air de rien une bonne quinzaine d'années, le trio américain a créé une niche bien à lui, et passe volontiers pour un groupe prétentieux à destination des geeks, une assertion renforcée par le fait que Dysrhythmia pratique une musique expérimentale et surtout instrumentale, ce dernier point fait qu'il est parfois difficile de rentrer pleinement dans ce genre très spécifique, le rendant plutôt hermétique.
Bref, Dysrhythmia, c'est compliqué, très compliqué même, mais pas si hermétique que ça si on fait l'effort de s'y immerger un tant soit peu, surtout qu'avec ce The Veil of Control bien plus cohérent et fluide que certaines de leurs précédentes sorties, et donc par extension bien plus accessible, c'est votre chance de franchir le pas.

vendredi 26 février 2016

[Chronique] Entropia - Ufonaut

Il y a trois ans, Vesper, le premier album des polonais, m'avait laissé un arrière-goût un peu amer, non pas qu'il était mauvais, enfin pas complètement, mais on sentait bien que Entropia était passé à côté de quelque chose, Vesper était décevant car on avait affaire à un groupe qui voulait expérimenter, qui était capable de faire preuve d'un certain esprit d'aventure, mais qui étrangement s'enfermait dans des codes de Black Shoegaze qui plombaient irrémédiablement le disque.
Vesper était facilement oubliable, mais suffisamment intéressant pour que l'on puisse imaginer qu'un jour, Entropia puisse s'affranchir de ses structures rigides et véritablement démontrer tout son potentiel, ouais, je voulais y croire, Entropia devait évoluer pour ne pas s'enfermer définitivement dans la case shoegaze et tomber dans l'oubli en se noyant dans la masse, et voyez-vous, ça tombe super bien que je vous dise ça, car Ufonaut, c'est précisément ça, un changement drastique de direction, une évolution, et enfin, Entropia est en train de confirmer tous les espoirs qu'on avait placé en lui.

mardi 2 septembre 2014

[Chronique] Sólstafir - Ótta

Il y a des évolutions qui sont plus naturelles que d'autres.
Même si le premier album de Sólstafir, Í Blóði og Anda, est étiqueté Black Metal, la Black des islandais n'avait franchement rien de conventionnel, et ce sont justement les conventions que Sólstafir s'est employé à bousculer tout au long de sa carrière, se servant du Metal comme base pour partir vers une autre direction, conservant des bribes métalliques comme fil conducteur à leur évolution, car même si Sólstafir en 2014 n'a plus rien à voir avec le Sólstafir de 2002, les cow-boys islandais ont su conserver leur personnalité et leur identité.
Sólstafir ne fait aujourd'hui plus de Metal mais en conserve l'esprit et toute son essence, on parle aujourd'hui de Post-Rock, d'atmosphérique, de Post-Metal, ou que sais-je encore pour qualifier la musique des islandais, mais malgré sa mutation, Sólstafir ne sonne comme personne d'autre, Sólstafir n'est pas Katatonia, pas Pink Floyd non plus, et encore moins un énième Sigur Ros, non, Sólstafir est Sólstafir, droit dans ses santiags, et Ótta, cinquième album, est une preuve supplémentaire de la brillance des islandais, bien décidés à nous démontrer qu'ils n'avaient pas atteints les limites de leur évolution avec Svartir Sandar...