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mardi 31 juillet 2018

[Chronique] Imperial Triumphant - Vile Luxury

Il n'aura pas fallu longtemps pour qu'Imperial Triumphant se débarrasse de son étiquette très réductrice de clone américain de Deathspell Omega, et même si la référence est restée un élément du son particulier des américains, Imperial Triumphant est désormais une entité en tout point singulière et presque inimitable.
Imperial triumphant évolue dans cette petite niche de groupe abstrait mêlant Black tortueux et torturé, Death technique dissonant à la Gorguts, et sonorités et constructions expérimentales, son précédent album Abyssal Gods était d'ailleurs une sacré claque dans la gueule d'Art noir avant-gardiste qui n'avait pas laissé indifférent les amateurs de brutalité extrême non-linéaire, et après avoir écouté son EP Inceste il y a deux ans, il y avait peu de doute qu'Abyssal Gods n'était qu'une étape dans la carrière du groupe et que Vile Luxury allait être un peu différent, car il suit en quelque sorte la seule constante dans l'évolution d'Imperial Triumphant, l'immersion de plus en plus profonde dans le bizarre et l'avant-garde jazzy, avec un groupe qui continue inlassablement de sonder les ténèbres les plus cauchemardesques et de retranscrire ses visions névrotiques en musique, tout ça pour vous prévenir que ce ne sera pas vraiment pour tout le monde...

samedi 10 février 2018

[Chronique] Portal - Ion

Portal a toujours été ce groupe australien mystérieux de Death abstrait noisy blackisé à la densité infernale doublée d'une exemplaire non-linéarité dans la construction de pièces ridiculement chaotiques, bref, de véritables terroristes sonores depuis leur premier album Seepia il y a plus de quinze ans... et une trajectoire en chute libre aussi, car Portal s'est lentement mais surement enfermé dans son propre intégrisme sonore au point qu'il ne restait plus grand chose de palpable dans un Vexovoid comme point culminant d'un maelstrom sonore complètement déstructuré, comme si la volonté de créer des ambiances suffocantes et pernicieuses pouvait se suffire à elle-même au détriment des bases Death Metal désormais anéanties dans un nexus cataclysmique.
Après ce qui peut donc être considéré comme une véritable déconvenue, il était peut-être temps pour Portal de se recentrer sur l'essentiel, et de finalement rebâtir ce qu'ils avaient progressivement annihilé, à moins que ce soit autre chose, car après toutes les expérimentations douloureuses, ION pourrait également être la première étape d'une reconstruction totale apte à emmener le groupe dans une autre dimension...

lundi 18 décembre 2017

[Chronique] Genevieve - Regressionism

Le premier album de Genevieve, Escapism, avait été l'une des claques tardives de l'année 2015, et encore aujourd'hui je serais bien incapable de décrire précisément de quoi il s'agissait ou de cataloguer le groupe dans un genre en particulier, Genevieve fait partie de ces groupes indescriptibles dont la musique est une expérience unique et sensorielle qui se vit plus qu'elle ne se décrit, il en est ainsi des groupes expérimentaux qui s'affranchissent allègrement des barrières et des normes, on pourra toujours trouver des rapprochements, des ponts avec d'autres choses, mais ce sera toujours diffus et pas nécessairement proche de la vérité, partant de ce postulat, ce n'est pas avec son second album que Genevieve donnera des réponses, bien au contraire, Regressionism étant davantage un fascinant enchevêtrement de questionnements métaphysiques, et avec un groupe toujours aussi hostile d'un point de vue formel, il va falloir s'accrocher...

samedi 1 avril 2017

[Chronique] Dodecahedron - Kwintessens

Sortant de nulle part avec son premier album éponyme sous le bras en 2012, Dodecahedron surpris tout son monde et botté un très grand nombre de culs avec son Black Metal bizarre qui appartient à cette niche de Metal abstrait très à la mode en ce moment, sorte de réponse Black Metal à Gorguts ou Portal, sans oublier les nombreuses références au maître Deathspell Omega voir le plus fou, et il faut bien l'avouer plus visionnaire que nos hollandais, Jute Gyte.
Malgré ce name-dropping massif, Dodecahedron n'est pas forcément un clone, le groupe étant parvenu à se forger un son propre, singulier et reconnaissable à défaut d'être franchement unique, et même si les hollandais sont assez proche stylistiquement d'un Krallice, ce n'est jamais vraiment Krallice, Dodecahedron fait du Dodecahedron avec sa vision du Tech Black abstrait, sa propre philosophie, qui semble s'affirmer encore davantage avec cet album numéro deux qui a beaucoup de temps à arriver.

mercredi 19 octobre 2016

[Chronique] Dysrhythmia - The Veil of control

La musique de Dysrythmia Disrytmya Dysrhitmia merde, ah voilà, Dysrhythmia, est aussi complexe à appréhender que l'est son patronyme à orthographier, il faut dire aussi que depuis l'air de rien une bonne quinzaine d'années, le trio américain a créé une niche bien à lui, et passe volontiers pour un groupe prétentieux à destination des geeks, une assertion renforcée par le fait que Dysrhythmia pratique une musique expérimentale et surtout instrumentale, ce dernier point fait qu'il est parfois difficile de rentrer pleinement dans ce genre très spécifique, le rendant plutôt hermétique.
Bref, Dysrhythmia, c'est compliqué, très compliqué même, mais pas si hermétique que ça si on fait l'effort de s'y immerger un tant soit peu, surtout qu'avec ce The Veil of Control bien plus cohérent et fluide que certaines de leurs précédentes sorties, et donc par extension bien plus accessible, c'est votre chance de franchir le pas.

lundi 21 octobre 2013

[Chronique] Ihsahn - Das Seelenbrechen

Depuis le split brutal d'Emperor qui m'avait brisé le cœur à l'époque (fanboy inside), Ihsahn s'est montré plutôt productif avec sa carrière solo, avec cependant une certaine inconstance, The Adversary était un premier essai plus que probant, malheureusement AngL m'avait un peu ennuyé, avec du recul, je considère plus cet album comme un brouillon du chef-d'oeuvre que sera After deux ans plus tard, dont la folie m'avait traumatisé à l'époque, et puis l'année dernière, il y a eu Eremita, où Ihsahn m'avait un peu saoulé avec ses délires abscons, un disque brinquebalant, plutôt incohérent qui cédait à une certaine facilité et qui me faisait dire que jamais il ne pourrait faire mieux qu'After.
Un an après, Ihsahn est déjà de retour avec un album, c'est court comme délai, et au vu des déclarations du norvégien, Das Seelenbrechen sentait un peu l'entourloupe, car pour résumer, ce cinquième album n'est absolument pas dans la continuité de sa carrière solo, plutôt un petit pas de côté où Ihsahn sortirait de sa routine afin d'expérimenter et d'essayer de nouvelles choses, un album plutôt à prendre comme un side-project de sa propre carrière solo qui n'annoncerait pas ce que sera le prochain disque, mouais, c'est confus tout ça...

lundi 26 août 2013

[Chronique] Gorguts - Colored Sands

12 ans putain!
Ça fait 12 putain de longues années que Luc Lemay s'est enfermé dans sa grotte pour se taper la filmographie de Richard Gere  lire des bouquins sur le Bouddhisme et le Tibet, une longue période de gestation avant de donner un digne successeur à From Wisdom To Hate.
Si vous ne connaissait pas Gorguts, à la limite, puisse dieu avoir pitié de votre âme, vous avez manqué le groupe le plus novateur des années 90 dans la musique, euh non, le Metal, mouais, le Death Metal alors? allez, va pour l'Underground, car soyons sérieux, malgré le fait que Obscura (1998) soit désormais considéré comme la huitième merveille du monde, on ne peut pas vraiment dire que la déflagration se soit faite ressentir en dehors des limites de l'underground, ce n'est qu'après coup qu'on s'est rendu compte de l'importance qu'a eu ce disque sur toute la scène extrême, dès que la nouvelle génération eut commencé à se servir sur la dépouille du maître.
Bref, Obscura est un monument de Death technique expérimental, novateur, révolutionnaire, si vous vous tripotez sur Deathspell Omega ou encore Ulcerate, c'est un peu grâce à Luc Lemay, et pas seulement Obscura, car Considered Dead et The Erosion of Sanity sont tout aussi inattaquables dans leur genre.
Pourtant, j'avais peur, car généralement, les petits vieux sur le retour qui ressuscitent des groupes cultes, ça a cette fâcheuse tendance à faire de la merde et chier sur la légende, mais Luc Lemay n'est pas du genre à se faire dessus, le québécois à la longue toison grisonnante est un vieux sage qui est sorti de sa grotte pour donner la leçon, faisant de Colored Sands un disque à la hauteur de la légende...

dimanche 17 mars 2013

[Chronique] In Vain - Aenigma

La nature a horreur du vide, c'est ainsi qu'en 2003, peu après la fin des géniaux In the Woods (je vous conseille le brillantissime Omnio), In Vain est sorti de sa forêt pour occuper la place vacante de roi du Black progressif avant-gardiste de la ville norvégienne de Kristiansand, et les bougres avaient frappé très fort en 2007 avec leur premier album, The Latter Rain, disque au combien génial, qui fut suivi trois ans plus tard par un Mantra un poil différent mais excellent dans son genre, qui a divisé les fans du premier opus, un disque qui à mon avis prouvait une chose, In Vain ne fera jamais aussi bien que The Latter Rain (Voilà, c'est dit, vous pouvez me jeter des briques si vous n'êtes pas d'accord, mais c'est mon avis).
Alors voilà le troisième album enfin dans les bacs, un Aenigma qui porte au final bien son nom, et qui m'a laissé bien perplexe, car autant le groupe prouve ici qu'il n'a rien perdu de son génie, autant le disque s'avère au final assez décevant, tout en demeurant l'une des sorties les plus impressionnantes que vous écouterez cette année, un gigantesque paradoxe qui m'a presque vrillé le cerveau, Aenigma est surement l'une des plus belle déception qu'il m'ait été donné d'écouter...